[Etudes de médecine]

Concernant les études de médecine, la formation pourrait s’améliorer …

Stages :

Concernant les stages de sémiologie et de chirurgie en DFGSM2 (2ème année), il faudrait qu’ils soient mieux encadrés, avec une vraie disponibilité des chefs de clinique pour apprendre l’interrogatoire, l’examen clinique complet du patient, ce qui n’est malheureusement pas le cas de tous les stages.

Il faudrait généraliser les formations pratiques sur des mannequins : prise de sang, gaz du sang, perfusion, ponction lombaire, intubations, souffles cardiaques, examen ORL, gynéco etc ….Ainsi que des mises en situation sur l’annonce d’une maladie, d’un décès, explications d’un traitement, entretien psychiatrique etc…

Nous ne pouvons apprendre cela dans les livres et nous n’avons pas toujours l’occasion dans les stages d’assister à une annonce de maladie. Cela nous permettrait de mieux nous préparer avant d’être face à ce genre de situation.

Concernant l’externat (4-5-6ème années):

Il serait plus approprié d’avoir des stages en concordance avec le programme de la faculté.

Il ne devrait plus y avoir de stages dits « paperasse » où le rôle de l’externe est de prendre des rendez-vous pour les patients, de passer la matinée au téléphone pour récupérer des comptes-rendus, faxer des demandes d’examens, faire des trajectoires. Bien sûr, si c’est pour notre patient, c’est normal, mais passer 3h voire plus de notre matinée à faire cela, c’est donc autant de temps en moins à passer pour la pratique clinique auprès du patient.

Nous sommes à l’hôpital pour apprendre notre futur métier, apprendre à interroger, examiner un patient, trouver un diagnostic.

Ce genre de stages ne nous prépare pas à être interne (à partir de la 7ème année), ni médecin. Ainsi, on se retrouve interne de premier semestre, avec brutalement énormément de responsabilités, selon les services, un encadrement qui laisse parfois à désirer, sans savoir prescrire, en ayant beaucoup de lacunes malgré 6 années de médecine !

Le compagnonnage manque cruellement, à l’hôpital, on a vraiment l’impression parfois que l’objectif principal d’accueillir les étudiants est de rentabiliser le personnel, d’engager des étudiants parce que c’est moins cher (1,2 euros de l’heure en 4ème année ; un peu plus de 2euros en 5e et 6e années). Nous (les étudiants en santé) sommes le personnel le plus rentable des services publics. Sur le papier, nous sommes là pour apprendre notre futur métier mais en pratique, nous sommes d’abord là pour faire du secrétariat, du brancardage, et si jamais c’est possible, nous sommes là pour apprendre. Bien sûr, ce n’est pas une généralité, il y a des stages où la formation de l’étudiant fait partie intégrante du stage mais il y a encore beaucoup trop de stages « paperasse ».

Il faudrait au moins un stage en cabinet de ville accessible à tous durant l’externat en introduisant par exemple dans chaque pôle des stages en cabinets de ville chez le généraliste ou bien le spécialiste (cardio, pneumo, neuro, rhumato, endocrino etc) ; on est formé à être des praticiens hospitaliers et non des médecins de ville alors que la grande majorité des patients relèvent de la médecine de ville, on ne nous fait pas découvrir la médecine libérale alors comment choisir ce type de pratique si on ne la connait pas ?? 

Il serait peut-être judicieux d’instaurer un stage obligatoire aux urgences durant l’externat, avant d’être interne et faire des gardes aux urgences où on se trouve souvent seul.

Conditions d’externe :

Dans beaucoup trop de stages, nous n’avons pas de casiers pour mettre nos affaires, il y a évidemment de nombreux vols à l’hôpital (et pas seulement d’étudiants)…

Nous n’avons malheureusement pas souvent l’impression de faire partie de l’équipe lors de nos stages.

Internat :

Les internes font tourner l’hôpital. Sans eux, l’hôpital public ne pourrait fonctionner. Ils travaillent, pour la plupart, bien plus que la loi européenne ne l’autorise (la Directive du Parlement européen et du Conseil du 4 novembre 2003 stipule que le temps de travail ne doit pas excéder 48h/semaine et un repos de sécurité de 11h est obligatoire après une garde de 24h) comme le montre l’étude : https://www.lequotidiendumedecin.fr/actualites/article/2018/04/17/temps-de-travail-rallonge-des-internes-lisni-reclame-les-plages-additionnelles_857118

« Une enquête de 2017 montrait que seul un interne sur quatre déclare travailler au maximum 48 heures par la semaine. 40 % travaillent entre 48 et 60 heures par semaine, 27 % entre 61 et 80 heures, 5 % exerçant même au-delà »

Selon une autre étude réalisée par l’ISNI, les internes travaillent en moyenne 55 heures par semaine. De plus, environ 30% des internes déclarent ne pas pouvoir prendre systématiquement leur repos de sécurité, alors qu’ils étaient 21% en 2012. De même, pour les demi-journées de formation universitaire, seul 1 interne sur 4 déclare pouvoir prendre systématiquement ces demi-journées.

https://www.whatsupdoc-lemag.fr/article/temps-de-travail-des-internes-le-compte-nest-pas-bon?fbclid=IwAR1xN1rlMoBxjJezcnWl8TLdhAQ08RG9xR2d3B-M5G3pRaI-m3Q8mzYRygg

Les repos de garde devraient être respectés dans tous les services !! Ce n’est pas pour rien que l’on appelle cela un « repos de sécurité ». En effet, après une garde de 24h, la fatigue est là et nous ne pouvons pas travailler efficacement à long terme avec ce rythme. Une étude a montré qu’un éveil de 24h est l’équivalent d’un taux d’alcoolémie à 0,8 g/l.

https://www.lequotidiendumedecin.fr/archives/temps-de-sieste-preparation-une-garde-recuperation-les-bons-conseils-des-chercheurs-sur-le-sommeil

Cependant, le nombre d’heures n’est pas fait en fonction des lois mais du travail qu’il y a, du nombre d’internes, sachant qu’il y a une pénurie de médecins à l’hôpital public pour toujours plus de patients. Ainsi, le nombre de gardes par interne dépend du nombre d’internes sur la liste de gardes, qu’ils soient 5 ou 15. De même, le temps de travail quotidien dépend du nombre d’entrées de patients, du nombre de comptes rendus à finir etc …. La journée peut se finir à 17h (très rare) dans certains services, jusque 21-22H …

Cours :

Les cours retransmis en ligne devraient être généralisés, afin de pouvoir organiser notre apprentissage selon les horaires de nos stages (journées complètes pour certains stages ainsi que des gardes de nuit), et de ne pas pénaliser les étudiants habitant loin de la faculté ou ayant des stages éloignés.

Il serait préférable de mettre en ligne les collèges accessibles gratuitement comme c’est déjà le cas pour plusieurs spécialités. Cela permettrait d’éviter de dépenser 40euros par collège, de mettre à jour rapidement les items, et d’économiser du papier.

Il devrait y avoir un consensus entre les items de différentes spécialités afin de favoriser l’apprentissage.

Il faut également recentrer le programme sur les notions fondamentales en médecine, et non les détails qui relèvent uniquement de spécialistes !

Après l’ECN (examen classant national : concours de fin de 6ème année), nous savons la classification TNM, le nom de syndromes, les maladies rares, les biothérapies mais nous ne maîtrisons pas la base de la médecine, les pathologies les plus fréquentes, la prescription de médicaments quotidiens de médecine générale, ce qui est un problème pour la pratique future.

Place des laboratoires dans notre formation :

Tout d’abord, chaque professeur nous faisant cours devrait mentionner ses liens d’intérêts, ce qui malheureusement très rare voire exceptionnel.

A l’hôpital, nous ne devrions pas assister à des interventions de laboratoires, y compris les internes. Etant étudiant, nous devrions être neutres et pouvoir refuser d’y assister, ce qui malheureusement n’est pas possible… des staffs étant suivis directement par leurs topos.

Réformes à venir : https://www.anemf.org/blog/2019/09/04/reforme-du-deuxieme-cycle-des-etudes-medicales-r2c-point-detape/

Avec la réforme des études de médecine, nous espérons que les étudiants seront mieux formés dans les années à venir.

A partir de 2023, l’ECN prendra une toute autre forme

  • avec beaucoup plus de prise en compte des compétences cliniques et pratiques avec les ECOS : examen clinique objectif structuré : plusieurs mises en situations.
  • un programme simplifié, avec une classification des connaissances à savoir (A : ce que tout médecin doit savoir quelque soit sa spécialité, B : connaissances un peu plus poussées dans la spécialité avec un coefficient adapté à la spécialité souhaitée, disparition du niveau C : surspécialisation, inutile à notre niveau)
  • un harmonisation des spécialités traitant des mêmes items : ainsi, une pathologie concernant différentes spécialités sera traitée dans un référentiel unique pour éviter les discordances.

Espérons que l’équité entre les étudiants sera maintenue avec cette nouvelle forme d’examen tout en permettant de mettre en avant les compétences pratiques, les stages et de donner plus de sens à toutes ces connaissances.

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