Au cours de mes différents stages d’externe, j’ai découvert le fonctionnement de l’hôpital… Et les divers problèmes …
Manque de personnel :
Comme le montre l’actualité, il manque du personnel à l’hôpital, aux urgences ainsi que dans les autres services et notamment la nuit, un(e) infirmier(e) doit parfois s’occuper de 20 patients… Le métier de soignant est un métier qui se doit d’être humain, mais comment peut-on soigner, écouter, expliquer, rassurer avec si peu de temps ? En travaillant « à la chaîne » ?
Alors que dans certains services, les patients sont très fragiles et notamment les personnes âgées, les patients avec plusieurs pathologies, qui ont besoin d’une surveillance plus rapprochée. De plus, la nuit, les infirmier(e)s sont parfois dispatché(e)s dans d’autres services que celui auquel ils/elles sont attaché(e)s (les infirmier(e)s de « pool ») afin de combler le manque de personnel … S’il y a une urgence, ne pas connaître le service, l’emplacement du matériel d’urgence, peut être fatal…

Il faudrait un nombre maximum de patients par infirmier(e)s/aides soignant(e)s comme c’est le cas en réanimation (2 infirmier(e)s pour 5 patients ; 1 aide soignant(e) pour 4 patients).
Cela permettrait de remettre en avant le côté humain et le temps nécessaire à consacrer aux patients pour dialoguer.
Manque de matériel
Il n’y a pas uniquement un manque de personnel ! Le matériel aussi manque à l’hôpital !
Dans certains services, il manque des draps, des bouteilles d’oxygène.
Au bloc opératoire, dans certains services, il manque du matériel d’orthopédie : des clous, des vis. On doit reporter des blocs, reprogrammer ou prolonger une hospitalisation…. Parfois, le patient est resté à jeun depuis la veille jusqu’en milieu d’après midi avant que l’on se rende compte que l’on n’a pas assez de matériel pour faire d’autres blocs aujourd’hui…..
Quand on voit la qualité des stéthoscopes en réanimation et au bloc, on se demande comment on peut ausculter correctement !!
Tout cela fait parti pourtant du matériel de base.
Il manque également de lits à l’hôpital …(comme j’ai expliqué dans l’article précédent sur les urgences)
En réanimation, il faudrait mettre en place une unité post réanimation dans tous les hôpitaux, pour que les patients ne relevant plus de la réanimation mais encore fragiles restent en surveillance 24-48h, avant d’être transférés dans un service de médecine standard où la surveillance est moins rapprochée.
Parlons d’informatique, on n’utilise encore des Fax qui sont souvent en panne, des logiciels peu ergonomiques et qui plantent souvent.
Au bloc, le rêve serait d’instaurer un système wifi pour scoper les patients, ne plus s’emmêler avec les fils, le capteur de saturation etc quand on déplace un patient sur la table d’opération.
Brancardage :
Il manque de brancardiers, il est très fréquent que les médecins ou les infirmier(e)s doivent brancarder les patients eux-mêmes. Cela retarde les opérations par exemple, les examens complémentaires etc…
Il est inadmissible et interdit de laisser un externe brancarder des patients de réa, USC scopés au scanner etc sans interne ni chef, s’il y a un soucis sur le chemin, alors que l’externe n’a pas de DECT (téléphone de garde), et est seul, c’est fatal…
On nous dit que cela a toujours été comme cela mais faut il attendre qu’une catastrophe arrive pour appliquer le règlement ??
Rentabilité
A l’hôpital, le mot qui revient souvent est la « rentabilité », or ce sont des patients qui sont devant nous, des personnes avec leur souffrance, leurs sentiments, leurs vies perturbées par la maladie.
Il y a une multiplication de la fermeture des lits, toujours plus de patients pour un même nombre de soignants ou bien une trop faible augmentation du nombre d’effectif.
J’ai déjà entendu dire en stage des responsables de la direction d’un hôpital public mettre la pression sur les équipes soignantes en soulignant la diminution d’activité de ce service, et en menaçant de diminuer l’effectif d’infirmier(e)s et le nombre de lits puisqu’il y avait eu moins d’hospitalisations l’année précédente. Pourtant le service n’était pas en surnombre de personnel ! Loin de là ! Nous n’hospitalisons pas par plaisir mais parce que cela est nécessaire. L’hôpital ne se gère pas comme une entreprise !
Il est évident que cela n’est pas simple de régler les dysfonctionnements à l’hôpital et le manque de budget mais nous parlons de personnes, de nos patients, de la santé de la population…