[Santé mentale dans les études de santé]

Très tôt, en tant que soignant, nous sommes confrontés au quotidien à la maladie, à la souffrance, à la mort.

Nous sommes donc particulièrement à risque de trouble anxieux, dépressif, burn-out, … comme le montrent ces études :

https://www.lequotidiendumedecin.fr/actualites/article/2017/06/13/24-des-futurs-medecins-ont-eu-des-idees-suicidaires-internes-et-carabins-tirent-la-sonnette-dalarme_848359

« Près de 22 000 personnes ont répondu à un questionnaire en ligne. Les résultats sont édifiants. Deux jeunes sur trois seraient anxieux contre 26 % dans la population générale. 28 % des répondants ont une symptomatologie dépressive contre 10 % du reste des Français. Enfin, 24 % des carabins et jeunes médecins ont déjà eu des idées suicidaires. » 

« 51,5 % des internes et 62,7 % des externes ont vécu des violences psychologiques à l’hôpital« 

https://www.lequotidiendumedecin.fr/actualites/article/2018/11/21/avant-linternat-44-des-etudiants-en-medecine-ont-souffert-de-burn-out-selon-une-etude-mondiale_863106

« Avant l’internat, 44% des étudiants en médecine ont souffert de burn-out »

Or, il y a très peu de mesures préventives à cet égard.

De plus, malheureusement, c’est encore aujourd’hui trop tabou de dire que l’on va mal… Il y a encore (même si cela s’améliore) la vision du soignant qui est invincible, qui peut tout supporter, sauf que nous sommes humains…

Comme plusieurs autres étudiants, en 6ème année, je me suis rendue compte quand j’ai fait des gardes au SMUR, que pour la première fois dans mes études de médecine, un IADE (infirmier anesthésiste diplômé d’Etat) m’avait demandé comment je me sentais face à une situation difficile, à un décès, ce qui m’avait beaucoup touchée et surprise parce que malgré toutes les gardes en réanimation, malgré mon stage infirmier en réa, stage en cancérologie, c’était bel et bien la première fois qu’on me demandait comment j’allais et qu’il ne fallait pas hésiter à en parler, la première fois qu’on faisait un « débrief » de la situation parce que certes il y a les staffs pour prendre des décisions, suivre les patients mais pas de débrief psychologique devant des situations difficiles : décès, limitation de traitements, etc … alors qu’avec notre métier, on est confronté à la mort très jeune et malheureusement ce genre de chose est banalisé trop souvent.

En stage, il y a encore trop souvent des chefs qui humilient volontairement les étudiants, les méprisent, leurs disent des remarques telles que « tu n’aurais pas dû faire médecine »  « tu ne sers à rien », cela n’aide évidemment pas notre santé mentale.

Au final, ce sont des microtraumatismes au quotidien qui impactent progressivement notre mental sans forcément que l’on s’en rende compte jusqu’au jour où on peut plus continuer comme ça … 

N’oublions donc pas que nous sommes des êtres humains et que nous avons le droit d’en parler ! Parlons-en à nos chefs, à nos collègues, à nos amis, à notre famille, voire à des professionnels. Prenons soin de nous et les uns des autres, lorsque l’on voit qu’un de nos collègues ne se sent pas bien, n’hésitons pas à discuter avec lui. N’oublions pas nos jeunes étudiants qui découvrent ce milieu parfois difficile.

Voici un dossier réalisé par What’s up doc sur « Le médecin et la mort » : https://www.whatsupdoc-lemag.fr/gros-dossier/le-medecin-et-la-mort?fbclid=IwAR0nWhV4tyAqSOxOw8uSDjjUh4WQIE3qFIg9uj7oeEqYjb7adzW798j-Aco

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