[Sexisme à l’hôpital]

Image issue du reportage de complément d’enquête sur le sexisme à l’hôpital (France 2)

Malgré le mouvement « #me too », le sexisme « ordinaire » à l’hôpital est toujours bien présent, mais ces mouvements ont permis d’amorcer la libéralisation de la parole des femmes.

Dans le milieu hospitalier, certains justifient les « traditions carabines » par le rapport particulier au corps humain, la pression permanente, le rapport avec la souffrance, la mort. Des traditions pour soit disant, détendre l’atmosphère, rire. 

De plus, auparavant, le milieu médical était un milieu très masculin et notamment dans les spécialités chirurgicales, il se féminise progressivement.

Ces traditions toujours bien ancrées dans le milieu et notamment en salle de garde, (milieu réservé aux médecins), peuvent aller de la simple tape dans le dos réglementaire pour saluer les collègues, au bizutage, chants paillards, humiliations à connotation sexuelle, voire agressions sexuelles, devant un « public » qui est hilare avec un décor sexiste, des fresques sexistes. Cependant, ces traditions tendent à disparaître progressivement selon les hôpitaux.

Des internes toulousaines ont réussi à faire retirer des fresques de la salle de garde.

https://www.lequotidiendumedecin.fr/actus-medicales/politique-de-sante/au-chu-de-toulouse-la-fresque-carabine-jugee-sexiste-par-des-internes-ete-retiree-des-murs

Les week-ends d’intégration et les soirées médecine sont également le lieu de sexisme via le bizutage : Voici un article de « Le quotidien du médecin » : https://www.lequotidiendumedecin.fr/internes/etudes-medicales/jedisstop-contre-le-bizutage-une-campagne-coup-de-poing-pour-sensibiliser-les-etudiants?fbclid=IwAR1_60V4Emg0ZpR9w1oTlhnPZKRqIPNRH57Nx_zJ3LDk167bWD1R4-2P1gA

Mais le sexisme ne s’arrête pas à la salle de garde, il a aussi lieu dans les services et d’autant plus au bloc opératoire, qui est effectivement un lieu récurrent de sexisme « ordinaire ». 

Au bloc, dans certains cas, ce sont les chirurgiens qui sont à l’origine de propos voire de comportements inappropriés envers des collègues chirurgiennes femmes ou bien les infirmières, aides soignantes, étudiantes. Ces propos sont tournés telles des « blagues » pour « rire, détendre l’atmosphère », blagues auxquelles tout le monde doit rire pour faire partie de l' »élite », de cette communauté.

Cela ne s’arrête pas là malheureusement dans certains cas, cela peut aller jusqu’au harcèlement sexuel, avec des avances régulières, voire des agressions sexuelles.

Cependant, les mouvements féministes et la prise de conscience actuelle ont permis de diminuer ces comportements. 

Malgré tout, il existe toujours un tabou. Il est parfois difficile de prendre conscience que certains comportements sont réellement sexistes, tellement ils sont récurrents, pluriquotidiens et que tout le monde doit en rire, cela est banalisé, masqué sous le terme d' »humour » 

Il est également difficile d’en parler, de savoir à qui en parler, certains supérieurs ne prennent pas au sérieux cela, voire sont complices ou responsables. 

Si vous êtes victimes de propos déplacés, de harcèlement, ou pire, il ne faut pas hésiter à en parler à des personnes avec qui vous vous sentez en confiance, à vos encadrants, à des collègues, à d’autres structures pour vous aider, accompagner.

N’hésitez pas à vous défendre de façon mesurée, en recadrant les propos déplacés par exemple. (Même si ce n’est pas toujours facile…)

Un reportage « Balance ta blouse » de Complément d’enquête sur France 2, montrait bien ces différentes problématiques.

Voici un extrait https://www.dailymotion.com/video/x7949dn

Voici un article portant sur le sexisme envers les infirmières.

https://www.infirmiers.com/profession-infirmiere/presentation/edito-sexisme-hopital-que-pensent-infirmieres.html

Voici 2 articles de What’s Up Doc traitant du sujet :

https://www.whatsupdoc-lemag.fr/article/les-violences-sexuelles-sont-banalisees-par-les-etudiants

https://www.whatsupdoc-lemag.fr/article/violences-sexuelles-cest-comme-ca-lhopital

L’inégal accès des femmes aux postes à responsabilité.

Il existe peu de femmes cheffes de clinique, professeures, et encore moins cheffes de services même si cela change progressivement. 

De plus, en clinique, dans certains services, il est difficile de trouver un poste dans certaines spécialités si l’on a un projet parental en vue. Le congé maternité  est considéré comme une « menace » au bon fonctionnement du service. 

Une femme médecin qui souhaite avoir une carrière hospitalo-universitaire doit faire le parcours du combattant. Une vie de famille, des enfants, sont considérés comme des obstacles à un bon investissement dans le travail permettant l’accès à ces postes.

Voici quelques articles supplémentaires sur le sujet :

https://www.franceinter.fr/societe/sacrifier-sa-vie-familiale-pour-reussir-professionnellement-a-l-hopital-le-dilemme-des-femmes-medecins

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