[Harcèlement]

Harcèlement : 

Définition : (juridique) [Article 222-33-2-2 du code Pénal]

Le harcèlement correspond à la répétition de propos et de comportements ayant pour but ou pour effet une dégradation des conditions de vie de la victime se traduisant par une altération de sa santé physique ou mentale.

Il existe plusieurs types de harcèlement

– scolaire 

– moral au travail

– sexuel

– de rue

– cyberharcèlement

Le harcèlement scolaire : 

Épidémiologie : 

Environ 700 000 élèves sont victimes d’harcèlement scolaire en France, soit environ 1 enfant sur 10, dont 12% en primaire, 10% au collège et 4% au lycée.

https://www.google.com/amp/s/mobile.francetvinfo.fr/societe/education/harcelement-a-l-ecole/harcelement-scolaire-environ-un-enfant-sur-dix-en-est-victime-12-en-primaire-10-au-college-et-4-au-lycee_2922387.amp

Le harcèlement scolaire débute donc dès le plus jeune âge, cela commence souvent par des moqueries, pour des raisons physiques par exemple (taille, corpulence, origine, tenue vestimentaire), ou bien pour une autre caractéristique considérée comme une « différence », une déviation de la « norme », par exemple l’intelligence ou bien des difficultés scolaires.

Il n’y a pas de « norme », on est tous différent. Ce qui fait notre singularité. Chacun a sa propre personnalité, personne n’a le droit de juger les autres. 

Ainsi, le harcèlement peut toucher les enfants venant de tout type de classe sociale. 

Cela peut se traduire par des propos insultants, humiliants, moqueries, par le biais de mots écrits sur des papiers lancés en classe, ou bien de ricanements dans les récréations, couloirs de l’école, à la cantine, des bousculades. Certains peuvent cacher les affaires des autres, les détruire, salir. Mais cela peut aussi aller jusqu’au racket, aux coups et blessures

Dans la grande majorité des cas, les harceleurs ne sont pas tous seuls, il y a un effet de groupe, c’est-à-dire que les harceleurs profitent des autres pour amplifier leur sentiment de pouvoir sur la victime. Beaucoup de camarades sont souvent témoins de ce harcèlement mais ont peur de parler, d’agir, d’aider par peur de représailles, ou bien peur d’être « mal vus » par le reste de la classe.  

Les rumeurs sont aussi un moyen récurrent utilisé par les harceleurs, la plupart sont fausses. 

Tous ces moyens contribuent à isoler les victimes, qui ont de moins en moins d’amis, qui ne savent pas vers qui se tourner. Elles culpabilisent aussi parfois, se demandant ce qu’elles ont fait à leurs harceleurs pour qu’ils s’en prennent autant à elles. Elles n’osent parfois pas à en parler à leurs parents par honte, ni aux professeurs par peur de ne pas être prises au sérieux. 

Le harcèlement scolaire peut avoir de graves conséquences : épisode dépressif, perte de confiance en soi, solitude, suicide. 

Les harceleurs : ils sont souvent mal dans leur peau, jaloux, et cherchent un bouc-émissaire pour tenter de se sentir puissant, et sur qui rejeter leur mal être. 

Conseils

victime : La principale chose à faire est d’en parler, ce n’est pas facile, mais il faut en parler, trouver une personne en qui vous avez confiance, les professeurs, vos parents, grand frère/sœur, tante, oncle, ou bien un adulte proche à qui vous pouvez vous confier comme les parents d’un ami, ou bien un voisin.

Vous n’êtes pas tous seuls, les adultes sauront vous aider.

Même si vous avez peur des représailles en parlant aux professeurs, en général, ils sauront faire le nécessaire pour arrêter ce cercle de souffrance, en les excluant de l’école ou bien via d’autres sanctions.

 Si jamais vous n’avez vraiment personne à qui parler, vous pouvez contacter le 3020 : service gratuit d’écoute et de conseil

– les témoins : il faut en parler, être témoin et ne rien faire, c’est aussi contribuer à l’isolement et au mal être de la victime. Vous pouvez d’abord parler à la victime, lui demander comment elle se sent, si elle veut en discuter, se confier, proposer d’en parler aux professeurs avec elle, la soutenir. 

– Les harceleurs : si vous harcelez, pour « rigoler », pour devenir « populaire », arrêtez, vous savez que vous faites souffrir les autres, ça ne fait rire personne, vous détruisez la vie d’autres personnes par plaisir, alors que vous ne voudriez pas que l’on vous fasse cela, réfléchissez, mettez vous à leur place. 

Site du gouvernement avec une vidéo de lutte contre le harcèlement scolaire :

https://www.education.gouv.fr/cid122362/non-au-harcelement-le-harcelement-pour-l-arreter-il-faut-en-parler.html

Voici un court métrage réalisé par le lycée Le Fairage de Périers :

Voici un autre du lycée Jacques Marquette :

Voici une vidéo de l’émission « Ça commence aujourd’hui » sur France 2 sur le harcèlement scolaire

Bizutage :

Définition : (juridique) [Article 225-16 du Code Pénal) : Hors les cas de violences, de menaces ou d’atteintes sexuelles, le fait pour une personne d’amener autrui, contre son gré ou non, à subir ou à commettre des actes humiliants ou dégradants ou à consommer de l’alcool de manière excessive, lors de manifestations ou de réunions liées aux milieux scolaire, sportif et socio-éducatif est puni de six mois d’emprisonnement et de 7 500 euros d’amende, voire 1 an d’emprisonnement et 15 000 euros d’amende si la victime est considérée comme une personne vulnérable.

https://www.service-public.fr/particuliers/vosdroits/F2275

Il est donc important de rappeler que le bizutage est interdit depuis la loi du 17 juin 1998. Malheureusement les pratiques persistent dans de nombreuses soirées et week-ends d’intégration dans l’enseignement supérieur. Il est difficile de recueillir des chiffres fiables parce que les victimes portent rarement plainte par manque d’information, sentiment de honte ou par peur de représailles, et de ne pas être bien intégrés dans la promo étudiante.

Voici un article sur « Le Quotidien  du médecin » :

https://www.lequotidiendumedecin.fr/internes/etudes-medicales/jedisstop-contre-le-bizutage-une-campagne-coup-de-poing-pour-sensibiliser-les-etudiants?fbclid=IwAR1_60V4Emg0ZpR9w1oTlhnPZKRqIPNRH57Nx_zJ3LDk167bWD1R4-2P1gA

En aucun cas, ces actes humiliants et dégradants permettent une bonne intégration. Ce ne sont pas des actes à banaliser. Le bizutage peut vite dégénérer et aller très loin. Lorsque l’on vous propose des actes gênants, qui semblent porter atteinte à votre dignité, il faut refuser, vous avez le droit de dire non. Ce n’est pas parce que d’autres l’ont déjà fait, que vous devez suivre, les autres n’ont pas à vous contraindre ni à exercer une pression sur vous. Le bizutage peut être traumatisant, si vous êtes témoins ou victimes, il ne faut pas hésiter à en parler à l’autorité administrative de l’établissement, et à porter plainte. Depuis le 27 février 2017, le délai de prescription est de 6 ans. Ainsi, même si vous aviez initialement peur de porter plainte, vous pouvez encore le faire jusque 6 ans plus tard.

Or ces week-ends d’intégration peuvent très bien se passer s’il y a connaissance et respect par chaque participant de la charte : http://www.contrelebizutage.fr/cncb_pictures/site/files/Charte%20des%20associations%202016%20.pdf

Voici le site du comité national contre le bizutage : http://www.contrelebizutage.fr/; comité qui participe à la prévention contre le bizutage, à l’écoute, au soutien des victimes.

Numéros du CNCB : Téléphone 06 07 45 26 11 ou 06 82 81 40 70

Dans chaque rectorat, il y a un numéro d’appel : http://www.enseignementsup-recherche.gouv.fr/cid57994/integration-des-nouveaux-etudiants-halte-aux-derives.html#numero

Affiche du CNCB

Harcèlement moral au travail : 

Épidémiologie : on estime que 8% des employés sont victimes de harcèlement moral au travail. 

Le harcèlement est assez large, cela peut être un employeur qui rabaisse constamment l’employé, menace de licenciement etc.. afin de lui mettre la pression. Ou bien des collègues qui tiennent des propos humiliants, insultants de façon répétée, ou qui entravent le travail de leurs collègues par jalousie. 

Les conséquences peuvent être multiples :  Burn-out, dépression, perte d’emploi, démission, etc… 

Conseils

Si vous êtes victime d’harcèlement au travail par vos collègues, vous pouvez en parler à votre employeur, ou bien alerter les représentants du personnel, dans certaines entreprises, le comité d’hygiène, de sécurité et des conditions de travail, ou bien l’inspecteur ou le médecin du travail

Vous pouvez aussi contacter un médiateur pour concilier les 2 parties, ou bien saisir le conseil des prud’hommes pour obtenir réparation (le délai de prescription est de 5 ans), ou bien saisir directement la justice. 

Le harcèlement en raison d’une discrimination ethnique, sexiste peut être pris en charge par le Défenseur des droits : 09 69 39 00 00 

Ce que dit la loi :

https://www.service-public.fr/particuliers/vosdroits/F2354

https://juridique.defenseurdesdroits.fr/doc_num.php?explnum_id=6209

Harcèlement sexuel : 

Ce que dit la loi : [Article 222-33 du code Pénal]

Le harcèlement sexuel est le fait d’imposer à une personne, de façon répétée, des propos ou comportements à connotation sexuelle ou sexiste qui soit portent atteinte à sa dignité en raison de leur caractère dégradant ou humiliant, soit créent à son encontre une situation intimidante, hostile ou offensante. 

Le harcèlement sexuel est condamnable de 2 ans d’emprisonnement et 30 000 euros d’amende. 

Lors de circonstances aggravantes comme harcèlement sur personne « vulnérable », mineurs de moins de 15 ans, la peine peut aller jusque 3 ans d’emprisonnement et 45 000 euros d’amende. 

Le délai de prescription est de 6 ans.

Extrait de la loi :

https://www.service-public.fr/particuliers/vosdroits/F1043

Des chiffres : 

– 86% des Françaises ont été victimes d’au moins une forme d’atteinte ou d’agression sexuelle dans la rue. 

https://www.francetvinfo.fr/societe/harcelement-sexuel/86-des-francaises-victimes-d-au-moins-une-forme-d-atteinte-ou-dagression-sexuelle-dans-la-rue-un-chiffre-absolument-terrifiant_3042091.html

– en région IDF, 100% des usagères des transports en commun ont déjà été victimes au moins une fois de harcèlement sexuel ou agression.

25% des femmes ont été victimes d’agressions sexuelles, de caresses ou d’attouchements. 

– 1 femme sur 5 a été confrontée à du harcèlement sexuel au cours de sa vie professionnelle. 

– 93 000 femmes déclarent avoir été victimes de viol ou de tentative de viol chaque année en France, dont 90% connaissaient leur agresseur. 

1 femme meurt en moyenne tous les 3 jours sous les coups de leurs partenaires ou ex-partenaires. 

https://www.interieur.gouv.fr/Archives/Archives-des-actualites/2018-Actualites/Signalement-des-violences-sexuelles-et-sexistes/Violences-sexuelles-et-sexistes-les-chiffres-cles

https://stop-violences-femmes.gouv.fr/les-chiffres-de-reference-sur-les.html

Le harcèlement sexuel peut avoir lieu partout, au travail, dans les transports en commun, dans la rue etc….

Il peut toucher toutes les femmes, quelque soit leur classe sociale, origine, tenue vestimentaire etc…

Cela peut aller du harcèlement de rue, avec les sifflements, les insultes humiliantes, les demandes insistantes à caractère sexuel, en passant par le harcèlement sexuel au travail, avec des propos insistants afin de mettre la pression pour obtenir un acte sexuel. 

(Article sur le sexisme quotidien)

Ces comportements peuvent aller jusqu’à l’agression sexuelle (définition : [Article 222-22 du code Pénal]  Constitue une agression sexuelle toute atteinte sexuelle commise avec violence, contrainte, menace ou surprise), voire le viol (définition [Article 222-23 du code Pénal] : Tout acte de pénétration sexuelle, de quelque nature qu’il soit, commis sur la personne d’autrui ou sur la personne de l’auteur par violence, contrainte, menace ou surprise est un viol)

Les « frotteurs » des transports en commun, profitent de la forte affluence lors des horaires de pointe pour se faufiler dans la foule et agresser leurs victimes.

https://www.francetvinfo.fr/societe/harcelement-sexuel/atteintes-sexuelles-dans-les-transports-pourquoi-les-frotteurs-ne-savent-ils-pas-qu-ils-risquent-cinq-ans-de-prison_2522211.html

Affiche de Tisséo (Toulouse)

Voici 2 affiches de la campagne de lutte contre le harcèlement sexuel dans les transports en commun par le gouvernement :

[Article 222-27 et 222-28 du code Pénal] L’agression sexuelle est punie de 5 ans d’emprisonnement et 75 000 euros. En cas de circonstances aggravantes, la peine monte à 7 ans d’emprisonnement et 100 000 euros d’amende.

Le délai de prescription est de 6 ans.

[Article 222-23 et 222-24 du code Pénal] Le viol est un crime, passible de 15 ans d’emprisonnement, et 20 ans si circonstances aggravantes.

Le délai de prescription est de 20 ans pour les personnes adultes. Les victimes mineures au moment du viol peuvent porter plainte jusque leurs 38 ans. 

Conseils

– Concernant l’agression sexuelle et le viol, n’hésitez pas à porter plainte directement au poste de police.

– concernant le harcèlement sexuel au travail, vous pouvez contacter les mêmes personnes et institutions que le harcèlement moral au travail (cf ci-dessus)

– dans les transports en commun, vous pouvez appeler le 3117 ou bien pour plus de discrétion, envoyer un SMS au 31177

– devant des demandes insistantes, il faut être ferme et clair sur notre refus d’engager une relation avec cette personne.

N’ayez pas honte d’en parler, de nombreuses personnes ont aussi subi ce genre de situation.

Toute personne a le droit de se déplacer en toute sécurité, de s’habiller comme elle le souhaite, sans avoir à subir des insultes, des regards malveillants, des attouchements etc ….

Des numéros existent : 

116 006  ou le 01 80 52 33 76, numéros d’aides aux victimes, d’écoute et de conseils. 

3919 : écoute et informe les femmes victimes de violences

Si vous êtes témoins d’harcèlement, agissez selon la situation, vous pouvez par exemple envoyer un SMS au 31177 si cela a lieu dans les transports en commun. Ou bien faire semblant de connaître la victime, pour éloigner l’harceleur ou l’agresseur. 

Cyberharcèlement :

Définition : c’est le harcèlement en ligne. 

Dans un monde où Internet, les réseaux sociaux, envahissent notre quotidien, le risque de cyberharcèlement ne cesse d’augmenter. 

Il est aujourd’hui facile de poster des photos, de créer des rumeurs, d’envoyer des messages malveillants de façon anonyme. 

 Le cyberharcèlement en chiffres : 

– 22% des jeunes ont déjà été victimes de cyberharcèlement en France. 

– 2/3 des 20-24 ans ont déjà été victimes de cyberviolence. 

https://www.20minutes.fr/high-tech/2451923-20190215-cyber-harcelement-22-jeunes-assurent-avoir-deja-victimes

https://www.20minutes.fr/high-tech/2430967-20190120-video-exclusif-sondage-moijeune-insultes-menaces-deux-tiers-20-24-ans-deja-victimes-cyber-violence

Le cyberharcèlement peut prendre plusieurs formes : 

– Les insultes 

– les fausses rumeurs 

– la révélation de photos intimes

– le harcèlement avec la répétition de messages 

l’usurpation d’identité

Ainsi, un moindre message, une moindre photo, peuvent prendre des proportions énormes sur Internet.

Conseils

Il ne faut pas rester seuls, parlez en à vos amis, à votre famille, et bien évidemment vous pouvez porter plainte. 

[Article 222-33-2-2 du code Pénal] Les harceleurs peuvent être condamnés d’un an d’emprisonnement et de 15 000 euros d’amende, et en cas de circonstances aggravantes : 2 ans d’emprisonnement et de 30 000 euros d’amende. 

Ne cherchez pas à vous venger, à rentrer dans leur jeu, bloquez par ex l’accès à vos publications, gardez tous les messages de vos harceleurs par capture d’écran afin d’en garder une preuve. 

Voici 10 conseils de la CNIL pour se protéger sur le net, voir détails sur https://www.cnil.fr/fr/10-conseils-pour-rester-net-sur-le-web

Un numéro utile

 le 0 800 200 000 : service d’écoute, d’information et de conseils aux victimes de cyberharcèlement.  

Conseils de prévention : 

– ne pas divulguer de photos trop intimes

– cacher sa webcam en dehors de l’utilisation

– passer ses profils en mode « privé » sur les réseaux sociaux

– vous pouvez signaler des propos violents sur les réseaux sociaux. 

Voici deux épisodes de l’émission « Ça commence aujourd’hui » sur France 2 sur le cyberharcèlement :

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