Être soignant (aussi bien infirmier (e), que médecin, aide soignant), c’est aider les autres, soigner, guérir, mais c’est aussi être là souvent dans les moments difficiles, et dans les moments où on ne peut pas guérir, mais où l’on continue à être à l’écoute, soigner, accompagner pour rendre moins difficiles et plus humaines les périodes douloureuses.
Ce n’est pas toujours facile d’avoir la bonne distance avec le patient, être empathique tout en ne s’impliquant pas trop, au risque de souffrir soi-même à chaque fois, et de ne pas être à sa place de médecin pour les décisions, mais aussi ne pas être trop distant, savoir être compréhensif, humain, à l’écoute.
Le difficile équilibre ne s’apprend pas dans les livres, ni la façon de parler avec les patients, ni d’annoncer certaines choses. Cet équilibre s’apprend par l’expérience.
Mais lorsque le patient est un de nos proches, cela devient impossible d’être totalement neutre, d’où la nécessité de laisser sa prise en charge auprès d’un confrère.
Cependant, c’est difficile de rester à sa place de « proche » de patient, et de ne pas réfléchir comme un soignant. La tentation est forte de vouloir tout savoir des résultats de notre proche, de suivre dans les moindres détails ce qui a été fait.
C’est déjà complexe de devoir accepter de ne pas pouvoir guérir un patient, parfois on se sent impuissant … Mais cela devient d’autant plus insupportable lorsque c’est un de nos proches, ne rien pouvoir contrôler, se sentir impuissant, inutile, voire un sentiment de culpabilité.
De façon générale, c’est toujours plus simple d’aider les autres, que ça soit un geste banal ou plus engagé, que d’affronter ses propres problèmes.
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