Etudes de médecine : études toxiques ?
Concurrence et mauvaise ambiance entre étudiant.e.s
Le sentiment de concurrence est développé dès le premier et second cycle avec le concours de première année (et qu’on le veuille ou non, la LAS/PASS, c’est en quelque sorte, aussi un concours nommé autrement), concours de 6e année/ECNi.
Cet esprit de concours, amplifie l’individualisme, le chacun pour soit. Chaque place est si précieuse…
La « solidarité » est plus présente après la première année, mais l’environnement n’en est pas moins toxique. Bien au contraire (je vais développer cet aspect dans les autres parties)
La concurrence est omniprésente, pour le choix de stage durant l’externat aussi par exemple (selon les facultés). Pendant l’internat, les internes classé.e.s à la fin (ce qui ne veut certainement pas dire qu’iels sont moins bons médecins que les autres, classement basé sur des QCMs) se retrouvent toujours avec les stages les moins biens notés (du 1 au 4e semestre)
La concurrence est aussi omniprésente pour avoir un poste dans un CHU, se faire connaître, publier etc…..
Durant l’internat, lorsque quelqu’un est en arrêt de travail, il y a un sentiment de culpabilité puisque par conséquent, ça laisse plus de travail aux cointernes. Alors que ça ne devrait pas. Les internes ne devraient pas être indispensables aux services. Cela peut donc entraîner des conflits entre internes.
Il en est de même pour le planning de garde : qui est ce qui se dévoue pour faire les jours fériés ? le dernier jour de garde ? et ça se finit parfois/souvent en tirage au sort…
On est tellement « habitué » à ces horaires à rallonge que l’on a souvent honte de se plaindre que l’on fasse 60h par semaine par exemple, quand d’autres font 100h… sauf que non, ce n’est pas normal ! Tout ça n’est pas normal ! Il n’y a pas de concurrence ni d’illégitimité à se plaindre lorsqu’il y a pire, il y aura toujours pire malheureusement…
Ambiance « carabine »
L’ambiance « carabine » ancrée dans les études de médecine ne font qu’amplifier cet environnement toxique.
Le weekend d’intégration, les soirées, le bizutage, salles de garde, bizutage de fin de stage d’interne, où règnent sexisme, rapport de domination, LGBTQIphobie, racisme, psychophobie et d’autres discriminations.
https://blogmedicalhealth.wordpress.com/2020/01/12/humour-carabin-et-prejuges/
Internes : Étudiant.e.s mais que quand ça arrange :
Etudiant.e.s pour ne pas avoir à payer des médecins séniors. En revanche, lorsqu’il est question de former les futurs soignant.e.s, les encadrer, leurs apprendre, les chef.fe.s ne sont pas tous présent.e.s, loin de là. Lorsque l’on fait de nouveaux gestes techniques, que l’on a vu une fois, c’est considéré comme acquis, et on doit se débrouiller seul.
Les internes sont parfois/souvent seuls pendant les gardes, et le senior parti se coucher et ne souhaitant pas être dérangé. Répondre à tous les appels, gérer tous les soucis du service, les avis dans d’autres services aussi.
Humiliation, harcèlement
Les « visites » hospitalières, où l’étudiant/externe/interne, est parfois humilié.e, parce qu’iel n’a pas su répondre. Humilié.e devant toute l’équipe bien sûr. Pour bien que l’on n’oublie pas…
Nos études nous font perdre toute confiance en nous, on se sent constamment nuls.
Le harcèlement moral, sexuel est bien trop récurrent…
Au final :
Ce sont ainsi des soignant.e.s épuisé.e.s, maltraité.e.s, à bout, en détresse pscychologique pour une grande partie d’entre elleux, qui sont formé.e.s
Ça n’est bien évidemment pas sans conséquence sur la prise en charge des patient.e.s qui en pâtissent énormément, que ça soit par rapport aux erreurs médicales, aux négligences, aux discriminations, maltraitances.
Il est grand temps que ce système change…
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